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  • Olga Volodina

Paris Phuket magazine, May 2016 issue.(French)



A l'aide de fils appareil photo Olga Volodina crée ses propres images et met en scène ses personnages comme d'autres peut faire du dessin ou de la peinture. Elle dispose les éléments dans l'espace comme elle les a imagines et crée des portraits forts, qui reflètent la fragile conscience humaine influencée par les médias. du monde moderne, la consommation ou encore la censure.


Olga Volodina est une"jeune"artiste russe qui vit à Bangkok depuis 6 ans. Jeune parce qu'après des études de journalisme, une carrière de mannequin et de photographe, la jeune femme ne s'est lancée dans l'art que depuis trois ans, une façon, dit-elle, <dexprimer tout ce quil y a dans ma tête et que je n'arrive pas à dire ou à écrire». Quelques jours après le vernissage de son exposition Metamorphosis à la galerie Yenakart Villa, Olga Volodina a profité de son bel espace pour poursuivre son euvre et réaliser d'autres photographies. Deux mannequins avec Il a fallu compter plusieurs heures avant que les jeunes femmes ne soient recouvertes de peinture de la tête aux pieds, une excellente occasion pour Le Paris Phuket d'observer les différentes étapes du travail d'Olga et de lui poser quelques questions.

Olga, quelle est ta façon de travailler?

C'est important pour moi d'apporter mes idées aux gens. Chaque image que tu peux voir, je la crée d'abord dans ma tête et j'utilise toutes les techniques possibles pour arriver à montrer ce que j'imagine, que ce soit via l'appareil photo, les logiciels de retouche d'images, des collages, du dessin... Les outils ne sont pas importants, c'est le résultat qui l'est. Chaque oeuvre est pensée pendant longtemps avant de la réaliser, je dessine le story-board et quand je sais exactement ce que je veux faire, je commence la séance photo.

Je suis quelqu'un qui réfléchit énormément, parfois les idées, les pensées ne cessent de tourner dans ma tête. Certains sont plus doués pour écrire ce qu'ils ressentent ou pour l'exprimer verbalement, moi je n'y arrive pas de cette façon-là, j'ai besoin de communiquer visuellement. C'est un peu comme quand vous avez trop d'images dans la tête, elles se croisent, s'entrechoquent et le seul moyen de les arrêter est de les créer.





J'aime travailler avec des corps, des modèles, des objets, des maquilleurs, en l'occurrence une maquilleuse : Krystina. Elle est parfaite, elle fait exactement ce que je veux. En fait, toutes mes photographies procèdent d'un concept donc toutes les personnes avec qui je travaille constituent une partie de ce concept, mes modèles sont comme du plastique, c'est moi qui décide et si l'un de mes modèles me dit «Oh c'est joli quand je me mets comme ci ou comme ça, je lui dis juste de dégager ! Pareil avec les maquilleurs, j'ai travaillé avec d'autres personnes avant Krystina, aucune n'arrivait à réaliser le rendu que je voulais et il aurait fallu que ce soit moi qui m'adapte. La peinture que Krystina utilise, c'est tout à fait ce que je veux, elle est un peu chimiste...


Metamorphosis, une histoire de symboles?


Au vernissage de l'exposition à Yenakart Villa en mars, j'ai entendu des gens dire «Oh les papillons, c'est trop pop». Non ce n'est pas"pop, derrière le papillon, c'est tout un symbole, c'est le thème de l'exposition. Chaque image à son propre message.


On entend tellement de choses, on pense qu'on a nos propres opinions, mais ce n'est pas le cas, les gens sont facilement influençables par les médias, le gouvernement, la religion, on croit qu'on a le choix, mais c'est juste une illusion, lillusion du choix de contrôler sa vie, c'est ce que je veux montrer par exemple dans Censor ou Enslavement. L'art permet de refléter cette illusion. C'est moi aussi! Je ne fais pas que critiquer la société, je minclus dedans et ce que je montre dans mes oeuvres est une partie de moi-même.


D'où le fait que tu n'utilises que des modèles féminins?


Mes modèles, c'est moi, c'est un miroir, mon propre reflet. A chaque fois que j'ai une nouvelle idée, c'est toujours une femme que j'imagine. Là aussi, c'est plutôt symbolique, ce n'est pas que je veuille mettre la femme en avant, plutôt la part féminine qu'on a tous en nous, homme ou femme, une façon de montrer la nature humaine.




Une nature humaine blessée?


Plutôt malade! C'est ce que symbolise l'utilisation des bandages, toute la société, l'homme, la nature humaine est malade et elle l'est depuis longtemps Plusieurs des themes que jaborde sont influencés par mes origines russes, comme pour la censure, je le vois autour de moi avec mes amis qui après un, deux ou trois ans ont complètement changé d'opinion à propos de tout, à cause de la télévision, de la propagande. Mais en même temps, ça ne se passe pas qu'en Russie, c'est comme ça partout. Bien sur, je pars de ce que je connais le mieux, pour aller vers une universalité.


Combien de temps passes-tu sur chaque oeuvre Pour Metamorphosis, à partir du moment t où je savais ce que je voulais faire, il fallait compter 7 ou 8 heures de shooting, la préparation des modèles, le maquillage, la mise en scène... et si je n'étais pas contente du résultat, on recommençait. e


Ça doit être horrible parfois de poser pour moi! Après les prises de vue, je passe en revue chaque photographie sur l'ordinateur, certaines sont parfaites comme elles sont, pour d'autres, je peux encore passer plusieurs heures à les retoucher dans les moindres détails. Je suis un peu perfectionniste. En fait, contrairement à la photographie de mode où je shootais ce que j'avais en face de moi, où je n'avais pas d'emprise sur les modèles, ici je compose tout, comme le peintre sur sa toile.


Comment es-tu arrivée à Bangkok?


Je suis venue en Thailande pour ma fille. J'étais en Irlande avant et quand elle est née, je me suis demandé où vivre avec elle. On est d'abord restées pendant trois ans au bord de la mer avant de venir à Bangkok. Aujourd'hui, elle arrive à la fin de l'école maternelle et je prévois d'aller minstaller à Chiang Mai dans quelques semaines, je pense que ça peut être un bon endroit pour elle et pour moi aussi. J'aime bien Bangkok, mais en même temps ça devient trop sale, le mode de vie, le monde de la nuit, c'est une mégapole avec tous ses excès, c'est un peu"too much' j'ai besoin d'un endroit plus calme. Je trouve également qu'íci je ne rencontre pas beaucoup de personnes comme moi, je suis végétarienne par exemple, je recherche aussi quelque chose de plus "arty". Et tu n'as jamais pensé à retourner en Russie? Moscou, c'était vraiment bien quand j'y étais, surtout d'un point de vue professionnel. En tant qu'artiste, j'aurais plus de chance d'y arriver là-bas, je pourrais gagner plus d'argent. A Bangkok, c'est beaucoup plus difficile. Mais ce n'est pas un bon endroit pour y vivre avec ma fille. Aujourd'hui, c'est elle la priorité.






Comment es-tu passé de photographe de Comment es-tu passé de photographe de mode à artiste ?


J'ai étudié le journalisme avec une option en photojournalisme, parallèlement, je me suis retrouvée mannequin. Comme c'était le milieu dans lequel j'évoluais, j'ai très vite pris l'appareil pour faire des photos de mode, ça m'a permis d'en apprendre plus sur la photographie. Je suis très curieuse, je lis


Aujourd'hui, je me définis comme une "jeune artiste, ça ne fait que trois ans que je m'y suis mise sérieusement, que l'art fait vraiment partie de ma vie. Peut-être aussi un peu parce qu'avec l'âge je deviens de plus en plus folle ! L'art, c'est un peu ma thérapie personnelle, je ne suis pas quelqu'un qui peut souvrir, raconter ses problèmes à un psychologue, je suis trop nerveuse, j'ai du mal à trouver les mots, l'art me permet d'exprimer ce que je ressens, de me soigner, de lutter contre la dépression, c'est une bulle d'air frais dans ma vie.





D'autres projets ?


J'ai commencé à travailler sur le projet Metamorphosis il y a deux ans et je n'ai pas encore fini. En parallèle, je réalise d'autres choses comme Imaginarium, une autre série de photographies. En fait, comme je réalise des"slow motions, chaque image pourrait constituer une oeuvre d'art.

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© 2019 by Olga Volodina

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